CLAYFACE : Le Nouveau Pari Horrifique de DC est-il le PLUS GROS FIASCO de l'Ère James Gunn ?
Cinéma & SériesPublié le 22 octobre 2026

CLAYFACE : Le Nouveau Pari Horrifique de DC est-il le PLUS GROS FIASCO de l'Ère James Gunn ?

L'univers DC de James Gunn promettait de bousculer les codes et de nous faire oublier les errements du passé.

Après un Superman très coloré et un Supergirl surprenant, la franchise tente un virage à 180 degrés avec Clayface. Vendu comme le grand pari horrifique et adulte de ce nouveau DCU, le film devait marquer les esprits. Mais entre des coupes au montage évidentes et des choix artistiques discutables, on frôle la catastrophe industrielle. Voici pourquoi ce film est peut-être la plus grande déception de l’année.

Un projet charcuté en coulisses

Sur le papier, l’idée était brillante. Confier l’origin story de Gueule d’Argile (Matt Hagen) au maître de l’horreur Mike Flanagan (The Haunting of Hill House, Doctor Sleep) avait de quoi hyper les fans. Avec un budget modeste estimé entre 30 et 40 millions de dollars, le studio espérait capitaliser sur la rentabilité du genre horrifique pour lancer son univers.

Dans la réalité, le résultat sent le chaos créatif à plein nez. Flanagan n’a finalement signé que le premier jet du script avant de quitter le navire. Le scénario a été réécrit, la réalisation confiée à un autre, et cela se ressent à chaque minute. Le film semble avoir été expurgé de toute sa substance par les studios pour ne pas trop choquer.

Body Horror : Entre fulgurances et censure absurde

Clayface nous vendait une descente aux enfers viscérale : un jeune acteur hollywoodien défiguré par la mafia, qui tente de retrouver sa “belle gueule” via une technologie expérimentale (nanomachines et IA) avant de voir son corps muter de manière incontrôlable.

Visuellement, le film souffle le chaud et le froid absolu :

  • Les ratés : Les images les plus traumatisantes de la bande-annonce ont tout simplement disparu du montage final (le fameux plan de l’œil géant à travers les bandages ne dure qu’une seconde). Pire, certains effets spéciaux semblent tout droit sortis des années 90, notamment une séquence désastreuse de visage sous un tissu en CGI. Les meurtres sont pour la plupart relégués hors-champ, rendant la classification “R” (interdit aux mineurs) presque caduque.
  • La scène qui sauve le film : Au milieu de ce gâchis, une séquence brille par son intensité. Coincé dans un avion en pleine tempête, Matt Hagen voit son propre corps le trahir : ses orifices commencent à se refermer d’eux-mêmes (façon Matrix), le forçant à se mutiler avec des ciseaux pour respirer. Une scène de pur body horror suffocante qui montre ce que le film aurait pu et dû être dans sa globalité.

Un drame psychologique totalement superficiel

Toute l’intrigue repose sur la superficialité d’Hollywood et la perte de repères d’un homme dont l’identité est liée à son apparence. C’est là que le casting de Tom Rice Harris pose un problème majeur. L’acteur manque cruellement de l’aura et du charisme typiques d’une étoile montante du cinéma. Difficile d’adhérer à son drame personnel quand le choix de l’acteur principal ne colle pas au postulat de départ.

De plus, le scénario survole toutes les relations humaines. L’agent du héros disparaît après deux scènes, son meilleur ami fait de la figuration, et une piste fascinante sur un potentiel dédoublement de personnalité façon “Gollum” est esquissée avant d’être totalement abandonnée. Le spectateur devine les rebondissements à des kilomètres, anéantissant toute tension dramatique avant un climax final plat et expédié.

Le constat

Si la direction de la photographie sauve quelques meubles (avec de belles ambiances lumineuses contrastées et colorées, jouant brillamment sur les reflets et les miroirs), Clayface ne sait tout simplement pas où il habite. Son ton ultra-sombre, qui rappelle les heures du Batman de la décennie précédente, jure totalement avec la légèreté des récents projets du DCU.

Un film qui n’assume ni son côté horrifique, ni son côté dramatique. Et pour couronner le tout ? N’espérez même pas l’ombre d’une oreille de chauve-souris, d’un caméo ou d’une scène post-générique. Clayface est un potentiel immense réduit à l’état de brouillon inachevé, qui risque fort de laisser le public de marbre.

Sources & Références

Crédits photo :Getty, Warnerbros

Articles recommandés à découvrir

Voir toute la rubrique →