Festival de Cannes & FESPACO : L'éclat historique des nouveaux maîtres du cinéma africain
De la consécration du Nigérian Akinola Davies Jr. sur la Croisette à l'effervescence du FESPACO de Ouagadougou : le 7ème art du continent brise tous les plafonds de verre.
L’année marque un tournant décisif dans l’histoire cinématographique du continent. Longtemps sous-représenté dans les grands rendez-vous mondiaux, le cinéma africain a frappé un grand coup avec une présence sans précédent au Festival de Cannes (comptant pas moins de six longs-métrages sélectionnés) et une 29e édition fervente du FESPACO à Ouagadougou.
Portée par des auteurs audacieux qui s’affranchissent des attentes condescendantes d’un cinéma documentaire compassionnel, cette nouvelle génération impose des récits de genre, des thrillers métaphysiques et des drames intimes universels.
1. Cannes : Le choc My Father’s Shadow d’Akinola Davies Jr.
Le moment fort de la compétition cannoise restera l’accueil triomphal réservé à My Father’s Shadow, premier long-métrage nigérian en compétition officielle sur la Croisette, distingué par une Mention spéciale de la Caméra d’or.
Le réalisateur britannique d’origine nigériane y réinvente les codes du drame familial à travers un sens visuel hypnotique, sublimé par la lumière naturelle et une utilisation minutieuse du son ambiant :
- Une narration polyphonique : Le film explore les non-dits d’une lignée masculine entre Lagos et Londres sans jamais tomber dans le sensationnalisme.
- La reconnaissance de Nollywood par les pairs : Loin de l’image de productions improvisées à bas coût, le film prouve que l’industrie nigériane produit aujourd’hui des chefs-d’œuvre de cinéma d’auteur au sommet de l’exigence formelle.
“Nous ne demandons plus la permission de raconter nos histoires. Nous créons notre propre grammaire visuelle, et le monde la comprend.” (Akinola Davies Jr.)
2. Le FESPACO de Ouagadougou : Résistance et transmission
Pendant ce temps, à Ouagadougou, la 29e édition du FESPACO a réuni professionnels et cinéphiles sous le mot d’ordre « Cinémas d’Afrique et identités culturelles ». L’événement a été marqué par un hommage bouleversant au maître malien Souleymane Cissé, dont les leçons de mise en scène continuent d’irriguer le travail des jeunes chefs opérateurs du Sahel.
Des œuvres sénégalaises, éthiopiennes (avec le remarqué The Last Tears of the Deceased) et ivoiriennes ont démontré que malgré les défis logistiques et sécuritaires régionaux, la caméra reste le miroir le plus puissant des espoirs et des tourments du continent.



